Bataille de Talavera de la Reina
Creator: Sánchez Portela, Alfonso, 1902-1990
Source:
Archivo General de la Administración
Date Created: 1936-09
Type: Photograph
Extent: 1 item
39.96038, -4.831172
Dans son progression vers Madrid, l'Armée d’Afrique effectua un large contournement depuis Séville en passant par l’Estrémadure, toujours avec la frontière sûre du Portugal à ses côtés ou dans son dos. Elle affronta à plusieurs reprises les forces républicaines indisciplinées, composées d'un mélange de milices, de forces de police et d'éléments militaires. A maintes reprises, les troupes rebelles ont effectué des manœuvres d’encerclement qui ont semé la panique parmi les républicains statiques, provoquant des fuites massives et, en définitive, des défaites. Ce modèle se répéta lors de la bataille de Talavera de la Reina (Tolède), qui eut lieu le 3 septembre 1936. Ce fut une nouvelle défaite républicaine, qui eut en outre de graves conséquences tant militaires que politiques.
Les troupes du colonel Juan Yagüe arrivèrent aux abords de Talavera le 2 septembre. Elles étaient précédées d’une réputation terrifiante après les massacres qu'elles avaient commis en Estrémadure, notamment ceux de Mérida et de Badajoz. Une fois de plus, les républicains s’organisèrent pour défendre le terrain en s’appuyant sur des tranchées et une certaine supériorité en matière d’artillerie. Une fois de plus, ils disposaient d’une supériorité numérique : environ 10 000 hommes contre 5 000 assaillants, mais ils ne formaient pas une force militaire expérimentée ni disciplinée. La photo montre des carabiniers entrant dans la ville pour rejoindre les forces de défense. Une fois de plus, les manœuvres d’encerclement des troupes coloniales semèrent la panique parmi les républicains, qui s’enfuirent en abandonnant une grande partie de leur équipement. Et une fois encore, la répression franquiste à Talavera fit des centaines de victimes parmi ceux qui s’étaient rendus et de simples civils (les morts étaient si nombreux qu'ils furent brûlés à l'essence). Mais auparavant, les combats avaient fait environ 1 000 victimes parmi les rebelles et 1 500 autres parmi les défenseurs.
La route vers Madrid était désormais libre pour l'Armée d’Afrique, mais celle-ci était décimée et épuisée; elle fit donc une halte pendant deux semaines et demie.
La conséquence la plus immédiate de cette bataille fut la chute du gouvernement exclusivement républicain de José Giral et son remplacement, le 4 septembre, par celui du Front populaire dirigé par Francisco Largo Caballero. Sur le plan militaire, le retard pris par l'avancée des rebelles permit de continuer à renforcer les défenses de Madrid.
Cette situation fut aggravée par l'erreur commise par la suite par Franco. Lorsque, le 21 septembre, les troupes de Yagüe arrivèrent à Maqueda, où la route bifurquait vers Madrid ou Tolède, Franco ordonna qu'elles se dirigent vers cette dernière ville afin de lever le siège de l’Alcázar. Yagüe s’y opposa avec véhémence et fut remplacé par José Enrique Varela. Cette décision s'avéra très avantageuse pour Franco sur le plan politique et en termes de propagande, mais elle constituait une erreur militaire manifeste. Elle permit aux défenses de Madrid de se renforcer, aux premières unités des Brigades internationales d'arriver, ainsi qu’au matériel de guerre soviétique moderne.
Lorsque Varela arriva enfin à Madrid au début du mois de novembre, il constata que ses forces, trop limitées, étaient incapables de percer les tranchées qui défendaient la capitale ; ni à ce moment-là, ni au cours des deux ans et demi que dura la guerre.
ACS






